thegrasshopperliesheavy
learningcurve




The Grasshopper Lies Heavy
Heavy – LP
Learning Curve records 2025

Heavy, vous avez dit heavy ? C’est effectivement le terme. The Grasshopper Lies Heavy (titre d’un roman fictif de Philip K. Dick faisant partie de l’univers du roman Le Maître du Haut Château) a la main lourde, puissante, implacable. Tout comme le pied. Et la voix. Et tout le reste. Dans la lignée de A Cult That Worships A God Of Death ou le split avec Woorms, le groupe texan revient asséner une trempe dense et massive. La formation a une nouvelle fois subi des changements mais la punition reste identique. Le créateur du groupe, James Woodward (chant, guitare) est le seul membre inamovible. Oscar Moreno, bassiste sur le split avec Woorms mais pas sur le précédent album (c’était Mario Trejo) récupère son poste. Deux batteurs se sont partagés le tabouret, Steven Barrera, l’habituel préposé au poste (mais pas à l’origine) et Luke Zachary Mitchell. Et un nouveau guitariste, James Cameron Taylor, vient seconder pour la première fois Woodward car du riff, vous allez en bouffer. Ce qui fait que le traditionnel trio s’est mué le temps de cet album en quatuor.
Un surplus de guitares synonyme d’une expérience physique encore plus intense, de phalanges qui font saigner les cordes et extraient une électricité au jus aussi agressif que jouissif, de la brutalité et des éclairs épais comme une montagne. Propulsé par un groove monstrueux inarrêtable, une force de la nature, un roulement incessant, alerte malgré le poids de la frappe, Heavy fonce encore plus dans le lard que son prédécesseur. Mis à part une accalmie à la fin de Tallow Man ou du sampling au début de Cure 1997, The Grasshopper Lies Heavy ne s’est pas attardé à glisser quelques triturations synthétiques, à briser le bloc ou s’embarquer dans des compos plus longues et expérimentales sur les bords. Heavy va droit au but mais avec une science du riff à l’autorité incontestable, un jeu brillant et plus détaillé qu’il en a l’air des deux guitares, des contre-temps rythmiques, des décalages subtils, une basse tout aussi féroce et une voix hargneuse et méchamment grondante qui font de ce rouleau-compresseur un mixage de noise-rock typé metal précis et qui frappe fort, aussi basiquement écrasant que imperceptiblement complexe. De quoi tailler huit parpaings de haut-vol comme We Are All The Antechrist avec la chanteuse Crow Lotus (Capra) en invitée et de finir sur un Maze orgasmique. The Grasshopper Lies (ultra) Heavy comme jamais. Ce n’est qu’une sauterelle mais belle bête.

SKX (14/04/2026)