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Easy Blame
Hypernormalized – CD
Invisible City Sound Archive records 2025

Easy Blame ne baisse pas de régime. Troisième enregistrement en autant d’années, le groupe de Syracuse dans l’état de New York et non en Sicile affûte les armes et livre avec Hypernormalized un album huit titres à nouveau remarquable. Easy Blame restait sur Little Devices, un cinq titres qui a fini par voir récemment le jour sous la forme d’un CD. Hypernormalized est une nouvelle salve d’un hardcore-noise dont Universal Order Of Armageddon reste une borne fidèle avec Deadguy à l’autre bout du spectre musical. Entre les deux, pas tant d’espace que ça mais suffisamment pour que Hypernormalized ne soit pas un produit ordinaire.
L’art de la tension sous-jacente et de l’implosion viscérale, de placer des mélodies dans le chaos, de semer de la beauté dans un paysage revêche et raboteux, d’amener de l’expérimental et de la complexité dans des morceaux punks percutants et incisifs. Hypernormalized, démonstration brillante et sans concession de parties basse-batterie à l’esprit noise-rock (surtout la basse) avec les griffures très acérées et accrocheuses de la guitare venant se greffer, tourner autour, disparaître et tout casser avec un riff tranchant. Easy Blame passe avec le même brio de compos de six minutes qui jouent avec les nerfs et retournent le cerveau (Under The Taps, Needles) à de l’expéditif cinglant et fédérateur (Pissward Bound, Defixiones) en passant par du plus tortueux tout aussi haletant (I Was In The Wendy’s Drive-Thru & I Thought Of You et ORMAC qui clôt magistralement l’album) avec une touche de sampling au beau milieu de The Killdeer Follow Me Home où ça cause révolution avec de la bande sonore qui se désagrège ou au tout début du grandiose Needles et sa guitare incendiaire. Le tout avec un son hyper abrasif qu’on pourrait toucher du doigt et se brûler et un chanteur expulsant sa frustration du bout de ses poumons anémiés et de sa voix salement éraillée.
Easy Blame, c’est du haut niveau, un des tout meilleurs dans sa catégorie, un groupe aussi orageux que déchirant et inventif alors que tout semblait bien balisé et il est vivement conseillé de s’attarder sur son cas.

SKX (19/01/2026)