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Bezoar
s/t – LP
Vollmer Industries/Day Off/Entes Anomicos/I Dischi Del Minollo/Araki/The Fucking Clinica records 2025

Quand vous avez un Alain Lapaglia qui apparaît dans les rangs d’un groupe, l’attention est de suite sollicitée. Le batteur des fantastiques The Turin Horse (et Morkobot) se lance dans un nouveau projet avec Salvatore Aricò (basse) et Luca Di Stefano (guitares). L’avis de tempête est à l’ordre du jour. Sévèrement secoués vous serez.
Le trio italien souffle fort avec six instrumentaux privilégiant la fougue et une certaine concision alors que les longs périples à rallonge sont souvent privilégiés dans ce genre d’approche. La force de frappe de Lapaglia ne se dément pas. Ça cogne durement avec vivacité et dextérité sans en faire des tonnes. La basse suit sans rechigner à l’effort. La guitare jaillit, se répand dans des sonorités et des effets multiples à l’aura synthétique alors que j’aurais aimé parfois que ça écorche un peu plus et sait aussi insuffler des ébauches d’accroches mélodiques (Grumvalski È Morto Di Freddo). Le propos n’est pas à la complexité. Il faut que ça pulse, que ça gronde, ça fuse de toutes parts dans une joyeuse tournerie et un beau sentiment de liberté en fracassant les barrières. Répéter les mesures, intensifier la pression en minimisant les pièges, avancer coûte que coûte dans des déflagrations constantes, remettre une pièce dans la machine et tout faire flamber avec obstination et un entrain communicatif.
Un premier album comme une transe noise-rock, une boule d’électricité abrasive tendance free-rock bruitiste de compos grossissant au fur et à mesure du déroulé de l’action. Ça c’est pour l’orientation générale parce que le groupe turinois sait aussi respecter un certain cadre et aménager des espaces de détente. Sur Waag où le rythme ralentit en son milieu pour laisser place à une ambiance quasi onirique, toute la seconde partie de Anxiety Tutorial glissant lentement vers le relâchement, les samples sur fond d’accords country à la fin d’un Creepy Crawling particulièrement ravageur par ailleurs ou l’ultime piste Chachabot YC78 (Improv) laissant également la part belle à l’expérimentation, au concassage inspiré et à du sampling tout en douceur (quoiqu’un peu angoissant) pendant qu’une guitare acoustique égrène une belle et tranquille mélodie, Bezoar fait preuve de mansuétude et d’une science maîtrisée du bruit pour tisser des climats faussement calmes et envoûtants. Une première sortie réussie et ça sera tout pour aujourd’hui. Merci Bezoar.

SKX (13/03/2026)